Ce soir, j’ai pleuré. Bon, rien de très nouveau ou même d’étonnant, mais mon bébé, mon garçon, je n’ai pas pu me retenir.
Alors que je faisais ma dernière tournée pré-dodo (je dis ça pour la forme, mais c’est un mythe, les mères ne dorment jamais), tu étais là, paisible, au beau milieu de ta couchette, petit mais un peu trop grand tout à coup, et tu rêvais très probablement à l’emoji caca que tu avais trouvé si divertissant ce soir lors de notre movie night du vendredi soir.
Depuis quelques jours, tu t’exprimes avec conviction et tu répètes tout ce que tu entends. Même ce qu’il ne faut pas. Tu imites ta fratrie avec beaucoup d’ambition et d’admiration, et tu tentes désespérément de pousser les limites qu’on impose, juste pour t’assurer qu’elles ne changeront pas, même si t’es vraiment très cute dans ta quête du moment.
C’est vrai, ta mignonne petite bouille me fait chavirer. Assez pour vouloir, certains soirs, te garder près de moi et profiter d’un doux moment à se regarder, entre deux oreillers, dans la quiétude et le silence (ça aussi c’est un mythe).
Tu es petit, fragile, mais tu n’as peur de rien. Tu te prends pour le maître des escaliers, tu t’émerveilles devant une danse un peu too much, et ton regard s’illumine aux premières notes d’un chant.
Tu es grand, mon amour. Juste assez pour me faire réaliser que tu n’es plus un bébé. Juste assez pour me rappeler que tu ne resteras pas comme cela éternellement.
Oh, je sais, je ne devrais pas être surprise! J’ai pourtant vécu l’expérience trois fois avant toi! Mais tu sais, trois fois j’ai pleuré, comme ça, toute seule devant une couchette, à minuit ou à peu près. Et ce soir, c’est la quatrième. Parce que le moment est venu, mon coeur. Il m’est rentré dedans comme ça, sans même attendre que je sois prête.
C’est ce soir que j’ai réalisé, mon bébé, que tu n’en es plus un. Que tu seras peut-être la fin de la lignée. Que ces doux instants je ne les revivrai peut-être plus jamais.
Bonne nuit, mon bébé.




